Adrien Mojon : « Quand il y a moins d’activité à se partager, il est indispensable de pouvoir se démarquer »

Sept ans après le lancement de son entreprise de métallerie à Vindry-sur-Turdine, Adrien Mojon vient de créer avec deux de ses salariés – et meilleurs amis – MGM Laser, une filiale à laquelle ils sont tous les trois associés. Comme son nom l’indique, MGM Laser est spécialisée en découpe laser et pliage pour les acteurs de l’Industrie et du Bâtiment entre Lyon, Tarare et Villefranche sur Saône. Un pari sur l’avenir vu l’investissement, mais aussi une réponse aux besoins des entreprises de son envergure.
Adrien Mojon est aussi président de la Commission Artisanat de BTP Rhône.

Pourquoi avoir créé cette filiale MGM Laser ?
Pour deux raisons. Une opportunité et un besoin. L’opportunité était de disposer de l’atelier qui jouxte celui de Mojon Métallerie que je louais à un confrère. Le besoin était de réaliser sur place toutes nos découpes et pliages nécessaires à notre activité, opérations que nous sous-traitions auparavant sans assez de souplesse ni maîtrise. Nous étions trop dépendants. Avec mes deux associés, Adrien Girot et Pierre-Sylvain Médina, nous avons pris le risque d’investir dans une machine performante sachant qu’elle pourrait également servir à d’autres métalliers qui, comme nous il y a un an, doivent faire sous-traiter leurs découpes et pliages.

La conjoncture compliquée pour le Bâtiment ne vous a pas freinés ?
Nous avons pris le temps de nous renseigner, d’étudier l’offre fournisseurs, d’analyser le marché. Et puis nous avons la chance en métallerie de ne pas trop souffrir de la crise actuelle, l’activité est encore soutenue. Troisième point, Mojon Métallerie travaille aussi pour un groupe qui réalise notamment des agrandissements de grandes surfaces, qui crée des drives, et ce secteur n’est pas en difficulté. Bref, le contexte économique ne nous a pas dissuadés de nous lancer.

Vous êtes satisfaits du démarrage ?
Nos prévisionnels sont dépassés, donc nous sommes confiants. Reste à nous faire connaître auprès de nos collègues métalliers. Le marché est très concurrentiel, mais nous proposons ce que nous cherchions auparavant : de la souplesse et de la rapidité d’exécution au prix le plus juste.  Nous nous sommes d’ailleurs dotés d’un logiciel nous permettant de produire des devis automatiquement en fonction du dessin et des paramètres demandés. Notre réponse est ultra rapide, ce que souhaitent les clients.

Vous avez évoqué la nouvelle activité de Mojon Métallerie pour l’agrandissement de grandes surfaces. Comment se répartit l’activité de la « maison mère » ?
Elle a évolué ces dernières années, nous sommes aujourd’hui à 30% de particuliers, 60% d’entreprises générales et le reste de collectivités. Nous travaillons beaucoup avec des entreprises générales qui connaissent notre travail et notre goût pour les « moutons à cinq pattes » … Pour les particuliers, nous sommes connus pour nos réalisations d’escaliers, mais nous aimons aussi faire des terrasses sur pilotis, des garde-corps, des pergolas, des halls d’entrée, de la menuiserie fine.

Vous recrutez ?
Nous allons peut-être chercher une assistante pour la partie administrative. Et nous avons embauché un compagnon pour notre nouvelle entité. Sinon, nous restons à cinq salariés pour Mojon Métallerie, nous souhaitons rester à taille humaine, et privilégions la sous-traitance en cas de surcharge de travail.

Vous êtes par ailleurs président de la Commission Artisanat à la fédération. Comment se portent vos collègues artisans ?
Ce qui me tourmente dans le contexte actuel, c’est de voir de très bons professionnels, qui donnent tout pour leur entreprise, se trouver au pied du mur parce qu’un client ne les a pas payés, parce que leur réseau s’est effondré, ou parce qu’ils n’ont parfois pas le temps de faire du démarchage commercial… Je pense que les temps ont changé, il faut aujourd’hui que les artisans prennent le temps de développer leur image, d’utiliser les réseaux sociaux, et de se former au commercial. Quand il y a moins d’activité à se partager, il est indispensable de pouvoir se démarquer.

À lire dans l’édition du 3 avril 2025 du Journal du BTP