Luke Zivkovic : « Nous sommes au service du patrimoine »

Créateurs ou repreneurs d’entreprises, de nombreux « nouveaux » – tous secteurs d’activité confondus – ont rejoint ces derniers mois la fédération BTP Rhône. L’occasion pour nous de vous les présenter au fil des semaines, avant de pouvoir les croiser au cours d’un événement ou autre réunion.
Luke Zivkovic, 37 ans, a créé LZ Créations en 2018 avec son épouse Charlotte. Basée à Chénas depuis 2020 dans un ancien domaine viticole, leur entreprise de menuiserie-ébénisterie est spécialisée dans l’agencement, le mobilier design et la menuiserie bois, en particulier pour les demeures anciennes. Interview.

Comment est née votre passion pour le bois et la menuiserie ?
Mon père était artisan ébéniste-menuisier. J’ai toujours baigné dans cet univers, alors à l’âge de seize ans, j’ai décidé d’en faire mon métier. Je suis passé par les Compagnons, la Maison Familiale Rurale de Lamure-sur-Azergues et obtenu le brevet de Maîtrise (Maître Artisan Menuisier) de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Rhône.

Et dès le diplôme en poche vous créez votre entreprise ?
Nous étions à l’époque dans un « atelier partagé » à Lyon, tenu par l’association Cobois (rue Girié, Lyon 3). Elle met à la disposition de ses adhérents tout un parc de machines que les débutants ne peuvent s’offrir, et ce pendant une année. C’est un endroit qui fonctionne très bien et où il est possible de prendre le temps de se faire connaître, se constituer un début de clientèle. Et c’est donc à Cobois que nous avons décidé avec Charlotte de créer notre entreprise, d’abord à Lyon et depuis 2020 à Chénas. Je dois beaucoup à cette association.

Quelle est aujourd’hui l’activité de LZ Créations ?
Nous sommes au service du patrimoine. Nous réalisons pour des châteaux ou de grandes demeures anciennes portes et fenêtres en bois massif – c’est notre spécialité – mais aussi des parquets, des volets, et puis beaucoup de tables, tout en bois ou plus modernes avec des pieds en métal. Nous réalisons aussi des escaliers, des garde-corps, en partenariat avec un métallier de Fleurie… En fait, nous nous adaptons aux demandes des propriétaires ou des architectes qui nous missionnent. Mais nous ne posons que ce que nous fabriquons. Tout vient de l’atelier.

Vous êtes combien aujourd’hui dans l’entreprise ?
Nous avons un chef d’atelier et allons embaucher un apprenti. Mon épouse s’occupe de toute la partie commerciale et administrative.

Vous choisissez votre bois ?
Oui, nous allons chez les scieurs choisir nos arbres car ils sont tous différents, ils peuvent être fissurés, noueux, tortueux. Notre métier, c’est le massif, donc le choix de l’arbre est essentiel. Nos clients apprécient le détail et les beaux matériaux. Nous utilisons des chênes de Bourgogne, du bois local ; l’époque des bois exotiques sur lesquels j’ai appris à travailler est passée.

Comment devient-on menuisier du patrimoine, il faut un diplôme, un agrément ?
Non, il n’existe pas de diplôme. Il faut de la passion, de l’implication, du savoir-faire bien sûr, et la reconnaissance de ceux qui nous font travailler. Le bouche à oreille fait le reste. Notre idée du patrimoine est de réaliser des ouvrages qui soient identiques à l’original ou gardent l’esprit de l’époque de la construction, et surtout qu’ils tiennent dans le temps. Ce n’est pas toujours gratifiant car peu de gens savent le temps passé à réaliser nos produits, en revanche c’est valorisant de participer à l’entretien des châteaux, des grandes demeures viticoles. C’est valorisant de transmettre des techniques qu’on a apprises. C’est notre héritage…

Quels sont vos axes de développement pour LZ Créations ?
Nous avons le projet d’ouvrir un centre de formation l’année prochaine, l’endroit s’y prête, et nous avons beaucoup de demandes. Nous avons déjà contacté des professeurs et chefs d’entreprises qui soutiennent notre initiative. L’idée est de transmettre notre métier, nos techniques, aux professionnels mais aussi aux personnes qui sont en reconversion professionnelle. 

www.lz-creations.fr

À lire dans l’édition du 3 avril 2025 du Journal du BTP